Je te vois tu m’observes
Le jeu subtil des vitres
Et les lumières de la ville
Qui meurent en lisières
Lointaines tu prends
Position de l’air hautain
De ces étudiants en piano
Qui disent leurs noms en
Tambourinant la tablette rétractable
Anthracite et dort le voisin
Antillais dans le brouillis
D’un mauvais zouk aux rythmes
Des lampadaires qui sabrent
L’habitacle
Ô lumière orangée
Par intermittence
Nous filons à trois cents kilomètres heure
Et rien de cela ne semble naturel
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Sans violence pas
D'amour des couches
On baise mal dans
Le regard de l'autre
Des parodies de sentiments
Il y a eu des visages
Il y aura d'autres rivages
Des virages aux contours incertains
Des courbes soyeuses dans
Des draps de satin il y a
Surtout cette route
Qui n'en finit plus des
Démarches aléatoires de
Poètes inoccupés qui
Vomissent aux étoiles
Leur miel inachevé
Et qui trouvent ces essences dans
Des étreintes hier
Nos poètes nos
Soldats retranchés
Tombés pour la France
En des cimetières quadrillés
Offrent des plumes des
Croix des anges au silence
déployé dans l'austérité
Quadrangulaire des
Rayons de supermarché
Béni dehors divin
En ton sein j'apprécie
Les silences De
la neige le transfert
De fluide et mon
Corps qui s'allège
Dans la confluence
De tes cuisses
Tu es un fleuve
Et ton regard me noie
---
Je me souviens
Du ciment sur la plage
Du pavé dans des vitrines de vagues
Du bitume de l’estran
Se jetant à mégarde
Des horizons loin
Teint blafard le nez qui perle
De l’averse du midi
A Paris et des ouvriers
Accoudés au bar
Qu’on détourne du regard
Qui n’ont pas vu la mer
Des mouettes aux rires circulaires
Cela ne me touche pas
Je me souviens
Il est dix-sept heures
Et le soleil qui s’incline
Ici l’on dîne tôt
Allez
---
Déconstruisons
L’automne de béton
Crocheté à ma langue
L’automate qui s’engouffre
Dans les bouches leur
Sourire qui s’essouffle
Il est huit heures derrière
Chaque volet une lumière meurt
A profit de la même journée
Qu’hier Ô je n’imagine pas la vie sans toi
Et tu libères la purée dans le con d’une autre.
---
Je te regarde tu dors
D’un sommeil certain
De rêves de cauchemars
De fantasmes de mondes inhabités
De monstres d’enfance d’asymptotes
En subconscience je te regarde
Tu as dans les bras de Morphée
Les mains d’une autre
Et tu souris je ne dors pas
Ô je meurs.
---
Ô travailleur immigré
Qui Imprègne les pluies du premier métro
Toi le fils d’un trimeur de bidonville
Petit fils d’une croix en bois de Montfaucon d’Argonne
Sens-tu le pouls qui se débat
Sous l’étreinte de tes racines ?
---
Juste un putain d’indien
Un plan des décors
Dans le désert de Tabernas
Les larmes et la foule
Qui ruissellent les parois
Tour Montparnasse
Au large les boat peoples
Et les mouettes qui rigolent
Un plan américain d’une cadillac
L’ultime clap d'une prise de Prozac
Un ensemble d’univers qui apparaît
Docile sous des formes oblongues
Ci-gît l’homme
Le destructeur des mondes.
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Père,
Où es-tu ?
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Vendredi 28 novembre 2008
Le bleu des yeux dans le gris des trottoirs,
Elle dessine son indifférence
à l'insistance des regards,
Dans la buée des vitres,
Dans la circulation qui s'agite.
Figée entre deux maliens
Qui débattent des rigueurs de l'hiver,
Disparue, un arrêt plus loin,
Dans les vapeurs des migrants pendulaires.
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Mercredi 12 novembre 2008
En les vents d'automne,
Pas de demi-mesures,
Que des silences et des croches,
Battant la dorure,
Des feuilles qui s'envolent
Et se posent sur la cambrure,
Derrière les fumerolles,
Des femmes rasées
Qui ont dans la bouche,
Le goût salé du sang,
Dans leur cheveulure rouge,
Le foutre des soldats allemands.
Par delà le fleuve,
Charrie des corps,
Des scènes qui se meuvent
En paysage de mort.
Des ondées particulières
Fabriquant la lumière,
Qui se mêlent au peuplier,
Des cadavres éphémères
Au goût de sablier.
Triste vérité qui suinte,
- Elle a couché avec l'Allemand -
Puis les doigts qui pointent
- Elle a couché avec l'Allemand -
A l'arrière du cellier, jambes écartés
- Pour une livre de hareng -
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Expansion, expansion,
Le rose aux joues, heureuse,
Passent au loin les nébuleuses
De frêles comètes au travers de ta tête,
Puis les frissons qui scintillent
En affleurant la moëlle,
Ta bouche,
Mon univers maculé d'étoiles.
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Il y a le diable en haut des barricades
Il a le regard noir et ses armées saccadent
L’horizon constellé de pavés dans la mare
De cent collines où il est déjà trop tard.
La belle humanité en sortie de travers
Ne maîtrise même plus le mécanique décor
Des scènes virtuelles, des pantins irréels
Dont celui-aux-neuf-noms mesquine les corps.
Puis il y a,
Les particules qui s’agitent,
La glossolalie des Abymes,
Et des anges
Stationnés derrière la vitre
Qui ouvrent les ventres effondrés
Des lycaons aux truffes cendrées
Sous son regard bleu
Aux égards stoïques
Leurs boyaux sont blancs et creux,
Certains cris, anarchiques.
Qu’importe,
Il y a là bas
Cette fille qui respire
Et qui gonfle sa chemise
Qui habille un empire
De petites choses qui luisent.
Fuego sagrado del alma,
La voz del resistante.
Et le corps brûlera
Sur sa structure
Désamiantée.
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A tes pieds, j'édifierai
Un autel à la pitié,
Un motel de piété,
Des cadavres d'hirondelles
Pour un pardon à satiété.
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Ma rupture de charge,
La circulaire des déplacements
Dans le figé d'une station
Debout parmi le mistral des gens.
Les murs, les murs,
Il n'y a pas de mur.
A six pieds sous ville
Et les yeux dans un vague
Tunnel qui défile,
Cadencé à l'indienne
Des pictogrammes
Sur la vitre en éclat
"Sap sarua n'ut euq
Drager nu tse'C"
Mais l'averse est vraie.
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