A 50 ans, La retraite non imposable, J'écoule les souvenirs sur le sable D'Algérie lointaine, d'indépendance incertaine, D'une camaraderie franche et virile Où les filles payées apparaissent dociles.
J'ai laissé ma jambe à l'ouest de Tickrit, Mais l'occasion était trop belle D'une existence Sans libre arbitre.
J'ai rêvé que je faisais l'amour à une blonde, Puis j'ai rêvé que je faisais l'amour Puis j'ai rêvé d'amour et Le réveil a sonné Et le réveil a sonné à côté de toi Et le réveil a sonné à côté de toi que je n'aimais pas.
La peinture qui s'effrite, Les volets claquants Sous les butoirs du vent, Les lumières de la ville qui s'invitent Sur le plafond de l'appartement Qui transmet les pas de ma voisine Qui résonne,
Il y a un travail à faire, Le processus a changé. Si nous ne voulons pas être éphémères, Il faut nous adapter.
Nous militons en silence. Nous sommes quelques uns. Nos objectifs incertains A l'approche d'une sentence
Contre une loi du marché Qui rend nos dialogues hachés, Une certaine forme de standardisation Dans l'insatiable accès au con.
Ce sont dans ces moments que l'on repense béat, Qu'au delà du seuil, quelque chose ne va pas. L'acte sexuel devient une procédure mécanique, Les abrasions cycliques, le résultat
Anecdoctique.
J'aimerai un sens aux éléments, Une issue, assez rapidement. Il doit exister un ordre, Une vérité inaliénable, Car le cou est au bout de la corde, Mes pieds, Au bord de la table.
Nous héritons tous du nom du père Puis les après-midis nous semblent longs, Les badauds commandent leurs hamburgers Et achètent le silence des enfants d'un ballon
Qui lévite, fait fit de la gravité Au dessus de la tête d'un mouflet Cachée par la boîte d'un happy-meal, Sa mère n'oublie pas son lexomil.
Le boulevard demeure cadencé au rythme des phares Des cyclistes aux destinations incertaines. Les robes volantes parachèvent ma haine Ainsi que l'équilibre de deux cadres en costard.
Je repense à l'article sur l'antimatière Et les adolescentes? Qu'est ce que ça peut leurs faire? La plupart ne croit pas en l'existence des électrons Et pense à la bite des noirs qui s'agitent dans l'oignon.
(Lumière chirurgicale Derrière, discussion surannée, Sur fond de musique tropicale)
Enfin, je m'aligne dans le rang des consommateurs. La crise financière qui émane des hauts-parleurs N'ébranle même pas ce touriste néerlandais Qui reste concentré sur la promo du sundae.
Au loin, s'écoulent les sirènes vers la Défense, L'on parle d'un énième attentat, Stoïque, repartons en guerre contre la finance, Pas avant d'avoir terminé mon fanta.
Il y a quelque chose de louche dans la rosée du
matin, Quelque chose de putride dans l’odeur du jasmin, Une sensation d’avril que les faits sont dociles, Un frisson assez laid, nos boyaux sont percés.
J’ai acheté du jambon de Parme, Ma carte de crédit est en panne Et sur le ticket le nom de la caissière, J’imagine mon sexe qui traverse ses viscères.
A la sortie du supermarché Champion, Nous ne penserons plus à mal, Sous couvert des bruits de la circulation, Nous voguerons vers le chaos végétal.
Tu sembleras sereine, Une allure de petite chienne Sur le chemin de la roseraie Et dans mes yeux ta main N’est pas la sienne, Peut être qu’un jour j’oserai…
On dira ce que l’on voudra, Le jardin des plantes n’est pas une réussite. Devant nous un cadavre de rat,