Vendredi 18 juillet 2008 5 18 07 2008 02:48
Qu'elle se dissolve
La rancune des femmes
Dans les vitrines
Du coeur de ville.

Les sons d'alcove,
Ces bruits infâmes
Des jets d'urine
A l'ombre d'une Simca 1000.

Posé là.
Dans l'attente d'autre chose.
Mort et las.
Guetté,
Par la sinistrose.



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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 07 2008 00:50
Plaine alluvionnaire aride,
Montée du crépuscule en lisière
Assèche jusqu'au dernier lipide
Le cadavre d'une grand-mère.

Les corps d'ados vrombissants
Glissent sous les lueurs de la discothèque
La formule de luxe est un choix judicieux
Elle permet l'absence globale de métèques.

Seuls quelques Hollandais,
Génétiquement programmés pour le camping,
Sirotent une sangria,
Leurs épouses sont au pressing.

Et la semaine se déroule
Sous la torpeur d'un mobil-home
Les roux sèchent au soleil
Et cultivent leurs mélanomes.

Le cancer fuse sous les tropiques,
Là où le sable se change en écume,
Où le temps génère l'amertume.


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Mardi 8 juillet 2008 2 08 07 2008 00:46
Station Varennes,
Regards avides à une portoricaine
De deux cadres sans cravate.
Discussion sur leur CODEVI
Qu'ils terminent en toute hâte.

Derniers regards salaces,
Tous descendent
Gare Montparnasse.


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Mercredi 25 juin 2008 3 25 06 2008 00:35
La masse en perdition
Se meut en une puissance téllurique
Sans aucune motivation
Que l'injonction quotidienne et morne de ses barbituriques.

Midi et déjà trop tard,
J'ai raté l'existence.
Une femme, un thon blafard,
Me presse de me servir en essence.

L'étendue du parking est
Une surface finie.
Où l'autogestion est un terme honni.
Ma femme, ma seule, a une démarche d'automate
Derrière son caddie, elle attrape un kilo de tomates.

On m'avait averti pourtant
De l'immobilisme d'une journée de travail.
Une lueur verte d'espoir brille par dessus le champ,
Au delà du cadavre de bétail.

2 années, je proclamais,
A mon propre reflet:

"Le ver est dans la pomme,
Il effrite la maison-mère".

En fait,

 le ver est dans la paume

Et l'étau se resserre.



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Mardi 24 juin 2008 2 24 06 2008 00:14



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Vendredi 20 juin 2008 5 20 06 2008 01:00
Mon fardeau, mon triste espoir, ma peine
En notre ultime génération.
Les derniers fantassins de l'amour
Avant son extinction.

Il m'arrive encore de croire
En l'existence de ces vieux bâtisseurs
Aux noms irréels.

Sur un parking d'Aldi,
Dans la périphérie de Montargis,
Il en reste un.
Il accorde le ciel.


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Mardi 17 juin 2008 2 17 06 2008 00:09
Vacant sur la ligne 6,
L'existence à son soltice,
Je ressens la présence d'une haine ordinaire,
Indifférent au triste sort de mes congénères.

28 ans et déjà bien las,
La famine, la misère, même l'avenir
Et les accidents de la route ne me touchent pas.

Je consens, parfois, à des geysers ardents
délirants de surréalisme,
Simples résidus de romantisme,
Qui déstabilisent d l'édifice de glaise
Puis j'entreprends un crépuscule au sommet de la falaise.

Ton ombre s'agite
(inlassablement)
Face aux parois de malachite,
La présence me blesse.
Souvent, j'estime que tu dois comprendre
Que cela cesse.

La vision anthropomorphique du monde me fait horreur,
L'homme se conforte au sein de sa propre erreur.
Au loin, l'océan paré d'un reste d'armure
Lui infligera les affres de la nature.

J'attends - sourire non dissimulé -
La Grande inondation,
Celle qui permet de tout annulé
Pour toi, aucune rémission.

Que tu sois la première à périr par les flots
La vipère ne supporte pas l'eau.
Ton corps flottera au centre du marécage
Enfin, l'amie, je pourrai tourner la page.


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Jeudi 12 juin 2008 4 12 06 2008 00:19


Un horizon infini. Broyé au sud
Par une frêle côte calcaire
Au nord par l'effet d'optique
Qu'un ferry à destination de l'Angleterre
flotte au fin fond de la plage.
A l'est, en prémice de l'hinterland,
Des constructions antérieures
A la loi Littoral. Sans doute.
Au large l'orage avance et donne
Au terme de perspective
Une valeur bien galvaudée.
Les vents avancent.
Le sable se vide de quelques rares badeaux.

Constat d'échecs.

Ce n'est pas à Sangatte que réside la solution.
Puis un couple de jeunes mariés posent sur le sable
Pour immortaliser le moment. La luminosité
Jusqu'ici teintée d'un verre bouteille reprend
De plus belle.

Les signes ne trompent pas.
Mais ils sont particulièrement instables.

Aucune réponse.
Aucune action.
Fin d'interêt pour le cycle 26.
Encore 3 jours à tuer.



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Jeudi 12 juin 2008 4 12 06 2008 00:04
L'autoroute esquisse des courbes sans entrave,
En direction du détroit,
Scindant en son centre les cultures de betterave
Par delà les champs de colza.

J'atteins une vitesse respectable dans l'Audomarois.
Je ressens comme une vague montée d'émoi.
160 km/h. Le compteur s'agite.
Un peu comme une mite.
L'air climatise
Et j'imagine ton corps sur le pare-brise.




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Mardi 10 juin 2008 2 10 06 2008 00:46
Elle a vieilli
La mère.
Il l'avilit,
L'amer.

Finalement mourir à 30 ans est une décision respectable.
Pour marquer le coup, demain,
J'enterrerai ton nom dans le sable.

Et sous l'effet de quelques brassées obliques,
La mer concluera à une disparition.
Logique.


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