Au dernier rayon du LIDL,
Tu achètes un gel-douche au glaieul.
La pub fait naître en toi ce désir
Soeur, ce soir te feras-tu vomir?
Quand les parents s'assoupissent
Et que leur couple s'essouffle,
Ta tête se déforme
Sur la cuvette lisse.
Tu admires les normes
d'ondoiement de ta bouffe.
Puis tu rejoins la couche,
Un arrière-goût dans la bouche :
Ton estomac est une souffrance
La réclame pèse dans la balance.
Demain, Tu hésiteras
A l'étalage des bananes.
Tu inquiètes maman.
Elle appellera
Une agence de passeurs d'âme.
On te liera au lit,
Comme ils l'ont fait à Barnabé,
Notre cochon d'inde, assez joli,
Son corps réside au fond du marais.
Dans cette cacophonie de prières,
J'opterai pour
Les cercles approximatifs
De ces vieilles mouches chétives.
(Elles tournent au centre du living-room)
Et qui cachent leurs tristes carcasses de poussière
Pour y mettre faim
Derrière la cuisinière.
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Quatorze heures, la scission s'opère :
En dessous des ongles
Glissent des particules de terre,
Tu ressens la présence d'un monde.
Ici, la jeunesse sur l'herbe s'impose triomphante
Dans des parades de séduction élégantes,
Car au delà l'horizon oscille
Sous cette nuée de colibacilles.
La géométrie des pétasses dévêtues
Donne au lieu l'impression d'une vaste plage
Où s'achemine l'engloutissement des vertus
Dans une société morte et chronophage.
Le vieux perché sur un banc,
Exclu de cette quête du gland
Se rappelle l'existence d'un tel schisme
- Jeunesse / Force et Beauté -
Comme au plus belles heures du fascisme.
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La Japonaise frappée par la foudre,
Les yeux qui fondent et les paupières lourdes
Estime en des probabilités restreintes
Les lassants échos parvenus de ses plaintes.
Autour, la rizière est vide,
Au loin, des formes se dessinent.
Puis se suivent, de manière livide
Des silences issus des collines.
Son corps fumant émet de la vapeur
De sa plaie rouge, tel un autocuiseur.
De ces yeux proviennent des rivières de jade
De son con, la douce odeur d'une grillade.
Au nord, les nuages se dissipent
Dans une brume aux accents gitane
Et son corps si laiteux s'enflamme
Comme ce vieux endormi sous sa pipe.
En son centre, le ciel Azur s'écartèle.
Y apparraissent des milliers d'hirondelles
Masquées et peintes comme au théâtre Nô :
La scène, l'ardeur des braises lui romptent le dos.
Et de l'ombre de cette fente béante
Emergent les fourmis qu'elle enfante,
Alignées tels des samouraïs
Tracés au long d'un éventail.
La fière colonne évacue l'île putride
A destination de Tokyo
Et de ses frêles usines Sanyo,
Où des ouvrières meurent en prière
En des journées incompressibles.
Hiroshima, la radieuse radiée.
Le corps s'enfonce au milieu du marais.
Son sourire d'amandine lentement se dissous
Un crapaud buffle sourd-muet lui dédie cet haïku.
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Il existe la répétition
Des instants où l'intérêt de la vie
Se soumet aux poids des limites physiques.
Telle la force
Qui poussa nos ancêtres
A croire en la sédentarité.
Délaissant l'instinct du chasseur
Pour la condition en oblique
Du cueilleur - cultivateur.
C'est à cette époque que l'on date les premières formes de névrose.
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