Une Japonaise foudroyée

Publié le par Who

La Japonaise frappée par la foudre,
Les yeux qui fondent et les paupières lourdes
Estime en des probabilités restreintes
Les lassants échos parvenus de ses plaintes.

Autour, la rizière est vide,
Au loin, des formes se dessinent.
Puis se suivent, de manière livide
Des silences issus des collines.

Son corps fumant émet de la vapeur
De sa plaie rouge, tel un autocuiseur.
De ces yeux proviennent des rivières de jade
De son con, la douce odeur d'une grillade.

Au nord, les nuages se dissipent
Dans une brume aux accents gitane
Et son corps si laiteux s'enflamme
Comme ce vieux endormi sous sa pipe.

En son centre, le ciel Azur s'écartèle.
Y apparraissent des milliers d'hirondelles
Masquées et peintes comme au théâtre Nô :
La scène, l'ardeur des braises lui romptent le dos.

Et de l'ombre de cette fente béante
Emergent les fourmis qu'elle enfante,
Alignées tels des samouraïs
Tracés au long d'un éventail.

La fière colonne évacue l'île putride
A destination de Tokyo
Et de ses frêles usines Sanyo,
Où des ouvrières meurent en prière
En des journées incompressibles.

Hiroshima, la radieuse radiée.
Le corps s'enfonce au milieu du marais.
Son sourire d'amandine lentement se dissous
Un crapaud buffle sourd-muet lui dédie cet haïku.


Publié dans Po-M

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