Cycle 32

Publié le par Who

A midi, l'horizon s'affaisse,
La journée est parfaitement ancrée,
Je voudrais que la douleur cesse,
Une douleur nettement determinée.

Si l'avenir nous sourit,
La fin demeure funeste,
La chair qui pourrit,
Et les vers qui font le reste.

Ressentir la présence des veines
L"insouciance des chinois à Bastille,
La probabilité sotte et saine
D'autre chose qu'une vie que l'on annihile.

Les passants transitent en des spasmes ridicules,
fondus dans un décor malsains
Ils imaginent leur sort serein
Et téléchargent des séries allemandes sur Emule

Qu'ils absorbent seuls et sales
Dans des boîtes sépulcrales
Qui leurs disent quoi manger.
Ils se resserviront en Emmental.

Statistiquement, il doit résider une exception,
Une destinée à l'abri des cercueils
Sans envie d'un paquet de jambon,
Sans pulsion d'un séjour à Djerba
Et tentation d'un gel douche au jojoba.

Les murs sont proches,
Mais je ne perds pas l'espoir,
Un maghrebin fouille au fond de sa poche
Puis enfouie son sort au sein de son mouchoir.

Ce soir, mes gestes sont dépourvus de signalétiques,
Je m'imagine sordide et las
C'est une conclusion qui s'imposera
A l'abscisse des cyprès, à l'arrière d'une clinique.

Dans un dernier râle lamentable
Je baignerai dans mon urine
L'infirmière posera mon repas sur la table
Et me tendra sa carabine.

Enfin, tout sera tranquille.
J'observerai au loin
Le transit éthéré d'ascendants missiles.


Publié dans Po-M

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