Darwin avait raison, mais il nourrit les poissons

Publié le par Who

Il y a un travail à faire,
Le processus a changé.
Si nous ne voulons pas être éphémères,
Il faut nous adapter.

Nous militons en silence.
Nous sommes quelques uns.
Nos objectifs incertains
A l'approche d'une sentence

Contre une loi du marché
Qui rend nos dialogues hachés,
Une certaine forme de standardisation
Dans l'insatiable accès au con.

Ce sont dans ces moments que l'on repense béat,
Qu'au delà du seuil, quelque chose ne va pas.
L'acte sexuel devient une procédure mécanique,
Les abrasions cycliques, le résultat
Anecdoctique.

J'aimerai un sens aux éléments,
Une issue, assez rapidement.
Il doit exister un ordre,
Une vérité inaliénable,
Car le cou est au bout de la corde,
Mes pieds,
Au bord de la table.


Publié dans Po-M

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Mijo 14/10/2008 13:25

Quant à la beauté, dénuée de sens, a t elle encore une existence artistique ?

ce que j'essaie de dire, c'est qu'ainsi, elle se suffit à elle-même Mon regard devient viol.

tout ce blabla se résume simplement

j'aime tes vêtements mais je ne peux m'empêcher de rêver aux ajustements qui en feraient comme une véritable peau.

Mijo 14/10/2008 11:48

Si je comprends la démarche qui amène à se questionner sur le meilleur support pour l’expression poétique, je reste persuadée qu’il en existe une infinité et que la sincérité (be true) fait la différence entre des mots vides d’émotions et les mots inspirés par la Muse

S’enfermer dans la forme après s’être rendu maître du mot et de sa vibration, c’est faire preuve à la fois d’orgueil mais aussi de maîtrise et de profondeur. Là entre en jeu, je crois, l’intuition mathématique, musicale et … le talent

Mais les modernes ont aussi entamé ma certitude As tu lu TARDIEU avec ses mots en dérive ? n’y a t il aucune poésie dans les surréalistes ? est ce que l’invention d’une forme poétique propre au XXI e siècle où le mot se sculpte dans l’image acquiert plusieurs dimensions (espace, couleurs, etc) ne serait pas aussi une forme nouvelle de poésie qui s’absorbe et s'impose autant qu’elle prend forme ?

Je n’ai aucun a priori Il faut écouter son propre diapason et le faire vibrer en harmonie

Il n’y a rien que le poème ne puisse exprimer L’ordinaire devient le merveilleux, le magique se transforme en quotidien alchimique , la noirceur se sublime et la lumière devient substance.

Le Mot oui, le Mot est une incantation, une prière, mais comme toute formule, il doit être testé puis affiné pour restituer le maximum de son pouvoir, distiller l'essence pure et primordiale plutôt que se diluer dans le superflu.

Je ne crois pas à la poésie sans relecture. Même si elle surgit en geyser, elle doit être respectée et polie jusqu’à l’effet miroir.

Il y a beaucoup dans la tienne en gestation. J’attends de voir ce que tu en feras. Beaucoup de scribouilleurs, de gratte papiers, de mauvais plagiaires s’auto instituent poètes et puis, parfois, sur la toile on est ébloui et on se dit, voilà, par cette bouche la Muse fait entendre sa voix et celles qui me parlent le plus sont celles qui se nourrissent à la fois aux sources du passé et à leurs racines modernes

Quant à la beauté, dénuée de sens, a t elle encore une existence artistique ?

who 14/10/2008 09:46

A mon sens, le poème est une négation de la prose. Il revêt des formes si différentes, à travers les époques (un poème de Lamartine, ce n’est pas un poème de Brautigan) et à travers l’espace (un haïku, ce n’est pas un sonnet) qu’il est bien compliqué de lui imposer une structure universelle ou une loi générale. Là où je pense que le poème est une négation de la prose, c’est justement sur la question du sens. L’objectif de la prose, c’est de transmettre une idée, par l’intermédiaire d’une structure que les deux interlocuteurs ont assimilée. L’objectif du poème, c’est une quête du beau et non du sens.

Et là je te rejoins parfaitement, ce qui va rendre beau une succession de mot, c’est une mélodie, un rythme, une métaphore bien sentie. C’est là qu’un travail doit être accompli. D’idées je ne manque pas. Il me reste à travailler ces fondamentaux.

Je suis un individu coincé la tête dans une casquette à deux visières : d’un côté, une connaissance du monde assez scientifique, marqué de positivisme où l’obligation de trouver une loi universelle à chaque phénomène désacralise ce qui m’entoure et l’envie, le besoin irrationnel du grand et du beau, de quelque chose de sacré et d’unique. C’est un grand écart intellectuel qui doit se ressentir à la fois dans le fond et la forme de ce qui se passe ici : à la fois ancré dans la structure poétique classique car je pense qu’elle fait ses preuves, mais parfois trop ancré, je le reconnais, au dépit de ce qui fait réellement la poésie et dans le fond également puisque je ne peux m’empêcher de faire référence à un quotidien qui n’a rien de poétique (les supermarchés, les transports en commun, des phénomènes qu’il est facile de théoriser finalement) et ces instants de conscience de soi, d’une situation absurde dans laquelle nous sommes perdus, d’une rencontre qui marque, d’un regard qui perturbe et qui injectent de la poésie dans les discours.

Je répète ce que je te disais dans le précédent message, je reviendrai à la forme en fin d’année, ça me paraît indispensable. Cependant, dans un poème d’une strophe, il me paraît simple de se défaire d’une structure en rime, mais ça m’apparaît plus compliqué lorsque tu te lances dans un essai un peu plus long…

Mijo 13/10/2008 18:24

//j'aurai pu développer sur l'interêt ou non du sens en poésie mais ça aurait été long comme commentaire.//

Plus c'est long plus c'est bon (parait il ! - j'aime aussi le flash intense ...)

le sens le rythme les interactions sonores nous l'offre plus encore que le mot lui même (YAKA entendre cascader certains poèmes consacrés aux allitérations...)

De plus, qui peut être certain de ce que je visualise ou ressens quand tu écris une suite conventionnelle de lettres ? par contre, si tu envoûtes correctement les sons, alors là, ils frappent et pénètrent partout , poignards ou chatouilles les images, selon tes choix

ce que j'apprécie , c'est ton décalage, l'humour acide mais pas toujours noir et j'espère ne pas me tromper la sincérité de ton regard

Parfois mais rarement l'instantané suffit Un mot déplacé, un souffle, un pied qui s'appuie sur l'autre, fera toute la différence pour la Nouille Martienne qui vient te lire et te titiller un peu

j'aime et j'apprécie les deux tonalités : la contrainte dans la forme jusqu'à l'essence, l'épuration
mais aussi et surtout l'émotion en liberté et là, souvent, la rime se transforme en galères ...


je reviendrai faire ma Nouille de temps en temps
quand tu en auras marre, ou si je déborde en bouillonnant un peu trop, dis le !

who 13/10/2008 17:53

Ah ok, dans ce cas je synthétise ^^.
- Ce sont des jets, je ne les relis que très peu.
- J'ai fait un blog car ça me motive à les poser quelque part
- Je reprendrai l'ensemble de son contenu en décembre, et j'essaierai de voir si quelque chose d'homogène, de cohérent, peut ressortir et si un recueil est possible (j'ai dit recueil, pas publication).
- J'en profiterai bien entendu pour retravailler le manque de rythme, l'aspect poétique des textes. Je laisse pour l'instant le labeur structurel de côté par peur d'y perdre en spontanéité.
- Toutes remarques sont les bienvenues, surtout lorsqu'elles sont constructives à l'instar de celles que tu formules.

Voila, j'aurai pu développer sur l'interêt ou non du sens en poésie mais ça aurait été long comme commentaire.

Merci en tout cas de t'attarder ici.

Au plaisir.

M.