

Plongée au sein du parc d'attractions abandonné de Dadipark, à Dadizele, en Belgique. Situé en plein coeur de la petite commune,
il est assez facile d'accès. l'entrée principale s'expose face à la terrasse d'une brasserie, ce qui interpelle les curieux lorsque vous vous engagez à passer sous la grille.
L'inscription indiquant que l'enceinte est gardée est un leurre visant à faire fuir les curieux que nous sommes. A l'intérieur, l'on croise des jeunes en train de se rouler un bédo, ou d'autres
photographes.
La friche est en assez mauvaise état, fermée depuis 2003 suite à un accident grave sur un enfant, le parc dépérit. La nature a repris sa marche en avant, le lieu fut aussi un endroit privilégié
pour les skateurs, la "gare" ayant été reconverti en skate park de fortune.
Derrière la gare, vous trouverez une mare, remplie de lentilles d'eau, qui donne une impression lunaire à l'attraction. Un banc semble flotter à sa surface, une kermesse se tenant au lointain, les bruits des enfants s'amusant donnent une impression inquiétante au lieu.
Au final, Dadipark ressemble plus à un énorme jardin d'enfants qu'à un parc d'attractions avec ces nombreuses structures. Ici pas de grande roue, de structures en bois pour une montagne russe mais plutôt de nombreux toboggans, ponts de singe, balançoires... Une attraction qui ne vaut pas forcément le détour, sauf si vous êtes dans le coin.


3-Sonic Youth - Sonic Nurse [2004]
Que reste-il à prouver à un groupe qui a 23 ans d’existence en 2004, 15 albums derrière lui, une demi tonne d’EP et 2 des plus grands guitaristes au monde ? Rien finalement. Ou peut être juste le plaisir de jouer. Cette fois-ci le groupe laisse place à un travail mélodique élaboré, loin des ambiances noisy qui ont fait leur réputation. Cependant, on ne peut pas nier le manque d’inventivité de ce disque et surtout de maîtrise. Car après 23 années d’expérimentation et de crise d’adolescence, Sonic Youth semble trouver sur cet album le temps de se poser, de jouer ensemble afin d’offrir un travail mélodique soigné et empli de sagesse. « The dripping dream », « Stones » ou « New Hampshire » glissent dans les esgourdes avant de vous sauter à la gorge sous un déluge de son. « I love golden blue » réconcilie le groupe new-yorkais avec les expérimentations avant de laisser Lee Ranaldo conclure. Bien sur les puristes viendront crier que ça ne vaut pas un Daydream nation ou un Goo mais un nouvel album de Sonic Youth suscite toujours la même réaction : ça ne sera jamais aussi bon que le premier que l’on a découvert mais ça reste largement meilleur que la plupart des disques que l’on peut écouter. Même si cela nécessite de porter encore des chemises de bûcherons à 50 ans.
Si l'on devait retenir une chanson : The dripping dream
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2-Godspeed You! Black Emperor - Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven [2000]
L’album commence comme une lente descente en direction de notre planète, accompagnée par des violons
voluptueux, puis le martèlement se fait de plus en plus pressant et enfin les cavaliers de l’apocalypse et autres trompettes de la mort sont lâchés à la 3e minute.
GY!BE ne vous lâchera alors plus, jouant avec votre cervelle comme avec un wagonnet de montagnes russes. Cet album dont on raccourcira le nom par « Lift Yr. skinny » se
compose de 4 pistes, d’une vingtaine de minutes chacune, divisées elles-mêmes en plusieurs mouvement.s Point de chant à l’horizon, tout au plus quelques intermèdes d’humains paumés qui relatent
leur histoire (le très poignant « They don’t sleep anymore on the beach »). Là où le précédent opus « Slow Riot for new zero Canada » n’offrait qu’une chanson, celui-ci
apparaît comme la succession de 4 cathédrales qu’il est parfois difficile d’écouter d’un seul tenant. Chacun des morceaux offre à son auditeur une clé vers l’universel et le sublime. Tout est
perdu. Et cette perte est notre joie.
Si l'on devait retenir une chanson : Storm
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1-Tool - Lateralus [2001]
Si il y’a bien une qualité que l’on peut reconnaître à Tool, c’est de prendre autant de
soins dans le fond que dans la forme. A l’instar d’un Tolkien en littérature, Tool va s’appuyer sur les artistes qui les entourent, sur les connaissances musicales importantes de Danny Carrey
(batterie) et sur la spiritualité de Keenan (chant) et d’un Adam Jones (guitare) pour créer son propre univers. Les premières écoutes de cet opus sont déconcertantes pour ceux qui ont connu
Aenima : moins accessible, plus massif, ils nécessitent d’y revenir. Encore et encore. C’est au bout d’une dizaine d’écoutes que l’on prend conscience du monument placé entre nos mains. Tout
y semble si naturel. Latéralus se place aux côtés des plus grands albums-concepts du rock aux côtés d’un Wall ou d’un Led Zeppelin. Il s’y dégage une certaine universalité, quasi-mystique avec
comme paroxysme, la double piste centrale (concept repris par la suite dans 10 000 days) Parabol / Parabola ou l’introduction tout au chant et ensuite transcendée par un jeu de batterie
gigantesque pendant 6 minutes. On retiendra aussi la première collaboration avec Alex Grey pour l’artwork, qui renforce l’aspect spirituel de cet album, ainsi que quelques subtilités tel que
l’utilisation de la suite de Fibonacci pour composer le morceau « Latéralus » ou « réorganiser » les pistes selon l’ordre de la formule en question. Jamais un album n’avait
été aussi loin dans l’introspection. Servi par une technique musicale hors norme, « Latéralus » dépose ses auditeurs dans des contrées insondables, comme si Lovecraft avait un jour
rencontré Pink Floyd.
Si l'on devait retenir une chanson : Parabol/Parabola
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Ils ne sont pas dans le top 10 mais ils sont tout de même indispensables
Anthony & the Johnsons - I am a bird now
Anathema - A natural disaster
Arcade Fire - Funeral
At the drive-in - Relationship on command
Beirut - The flying Club cup
Converge - Jane Doe
Cindy Sanders - Papillon de lumière
Dälek - Absence
Dredg - El Cielo
Eddie Vedder - Into the wild
Gojira - The Link
Interpol - Antics
Mastodon - Crack The skye
Neurosis - A sun that never sets
PJ Harvey - White Chalk
Queen Adreena - Drink me
Queens of the stone age - Songs for the deaf
Sigur Ros - Takk
Sleep - Dopesmoker
The Mars Volta - Frances The Mute
Wolf Eyes - Human Animal
5-Noir Désir - Des visages des figures [2001]
Le même constat peut être fait à « Des visages des figures » de Noir Désir qu’à « Kid A »
de Radiohead. Le groupe bordelais sort des années 90 avec la couronne de « meilleur » (et seul ?) groupe de rock français, plébiscité par la critique et le public. Cela ne les
empêche pas de déclarer à la sortie de cet album : « Notre manière de respecter le public, c'est de faire ce qu'on veut, et non pas ce qu'il attend qu'on fasse..." ; "La première
question a été : est-ce qu'on a encore envie de faire quelque chose ensemble...?" ; "On veut se sortir de nos propres carcans..." ; "Ceux qui n'aimaient dans notre musique que le fait que ça
hurle et que ça sature de partout risquent d'être déçus.. ». Cette petite déclaration augure du même changement radical que Radiohead : l’arrivée de sonorités électroniques au sein
des compositions. Pari musical qui peut s’avérer risqué mais qui caractérise les grands groupes. Là où Noir Désir va à mon avis plus loin que le groupe d’Abingdon, c’est qu’il bénéficie d’une
plus-value artistique en la personne de Bertrand Cantat qui a su mettre en musique la technique d’écriture poétique. Il y a Ferré, Attila Jozef, Rimbaud, Lautréamont, Aragon ou Paul Morand dans
ses textes, de manière plus ou moins discrète (la chanson « l’homme pressé » est un titre d’un ouvrage du dernier auteur susnommé) mais qu’importe, qu’il traduise musicalement un texte
(« Des armes » de Léo Ferré ou « ce n’est pas moi qui clame » de Jozef) ou qu’il s’essaie à mettre en relief ses propres compositions (« Premier abord /Homme à la mer /
Hommage amer / Un chat viré / Par dessus bord » sur Des visages des figures), la réussite est au rendez-vous. On retiendra aussi de cet album, la chanson d’ouverture intitulée « Le
Grand Incendie » qui relate l’histoire d’une civilisation occidentale en flamme, en train de s’écrouler...ironique lorsqu’on sait que ce dernier opus est sorti…le 11 septembre 2001.
Si l'on devait retenir une chanson : Bouquet de nerfs
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4-Tool - 10000 days [2006]
Tool reste un ovni dans le paysage rock. Nombreux sont les groupes qui ont essayé de copier le style (guitare métal et chant clair) mais aucun n’a l’aura de ce quatuor. Techniquement, l’ensemble des membres du groupe est à l’apogée de son art avec une mention spéciale sur cet album à la section rythmique : Danny Carrey (batterie) et surtout Justin Chancellor (basse) qui avait toujours été plus en retrait que ces trois autres compères. On parle souvent de l’influence de la tournée en compagnie de Meshuggah dans l’élaboration de la section rythmique de cet album, ce qui me semble juste. La structure de l’album est finalement assez proche de celle de Latéralus, sortie en 2001, avec pour point d’orgue le double titre de 17 minutes (6 minutes d’introduction scandée et 11 minutes d’une piste qui compose le corps de la chanson) situé au centre de l’album et qui s’intitule « Wings for Marie », chanson hommage à la mère de Maynard James Keenan (chanteur) décédée en 2003 suite à une longue maladie (qui aurait duré 10 000 jours, d’où le nom de l’album) et qui est à mon avis le « monument » du groupe : ambiance, rythmique, technique, sens et sensibilité sont réunis dans ce seul titre que les membres du groupe arrive encore à transcender en live. Car on ne peut pas résumer Tool à sa seule musique, leur artwork est particulièrement soigné (lunettes 3D incrustées dans le livret, sollicitation d’Alex Grey pour réaliser la pochette, Ched Zar pour les clips et un soin particulier à leurs concerts qui se rapprochent plus de grandes messes que de véritables performances musicales. Bien sûr, on pourra reprocher à cet album de souffrir de certaines longueurs (la piste 6 et 7 sont deux intermèdes placés l’un après l’autre qui n’offrent pas de musique à l’auditeur 5 minutes durant, la dernière piste est presque inaudible) et d’être un peu court (6 véritables chansons) mais ce n’est rien à côté de la véritable maîtrise du groupe. Les albums de Tool ne vieillissent pas car la structure musicale des morceaux est universelle. Il aura fallu 5 ans pour enfin pouvoir écouter cet album…cela veut-il dire un nouvel opus pour 2011 ? :)
Si l'on devait retenir une chanson : Vicarious